Édito

Régis Petit

Président de l'ADGCF

« Mais où était donc passée l'intercommunalité ? »

Le dimanche 22 mars, dès 20h, nos principaux représentants politiques, invités sur les plateaux de télévision ou de radio, ont commenté les résultats des élections municipales. On laissera aux « éditorialistes » et autres « experts » en sciences politiques le soin de nous livrer leurs analyses. Gageons qu'ils évoqueront sans aucun doute -et à juste raison d'ailleurs- la polarisation inédite de notre pays et la fragilisation continue

de notre démocratie. Quoi qu'il en soit, on retiendra surtout que le principal résultat de ces municipales, c'est en réalité l'extrême « modération » de nos compatriotes au niveau local et plus précisément municipal, puisque 42 % d'entre eux ne se sont pas rendus aux urnes. Le baromètre de la confiance politique réalisé par le Centre d'études sur la vie politique française (CEVIPOF) le répète pourtant chaque année à l'envi : le maire demeure l'élu auquel les Français font le plus confiance, 60 % en janvier 2026. Certes. Mais à y regarder de près, on note aussi que cet indice de confiance n'a cessé de s'éroder au cours des dernières années. Au-delà de la figure incontournable du maire, première porte d'entrée du service public local pour nombre de nos concitoyens, c'est peut-être l'institution communale qui est interrogée, du moins en deçà d'un seuil de population significatif, parce qu'objectivement en difficulté dans la conception et le portage des politiques publiques et dans la production de ces « résultats » que nos compatriotes « réclament ».

 

Nous savons ici que c'est l'intercommunalité, c'est-à-dire la construction d'un contrat de solidarité, de développement et de transition écologique entre communes, qui rend la plus grande partie de ces dernières agissantes. Et pourtant, les communautés et métropoles se seront une nouvelle fois faîtes discrètes durant la campagne électorale. On pouvait espérer mieux à l'aune notamment du sondage réalisé en octobre 2024 par l'IFOP pour Intercommunalités de France, montrant qu'aux yeux des Français, les sujets prioritaires des élections locales de 2026 devaient être la distribution de l'eau potable, les mobilités, l'aménagement et la gestion des déchets, en bref, des sujets « écologiques » renvoyant essentiellement aux compétences intercommunales. Sauf que les candidats aux municipales ont manifestement écarté les enjeux les plus structurants pour privilégier les sujets d'hyper proximité. Peut-on les blâmer ? Admettons que porter la cause intercommunale, à l'échelle municipale, n'apparaît pas forcément « rentable » d'un point de vue électoral. En réalité, rien n'incite les futurs édiles municipaux à publiciser le rôle de l'intercommunalité, qui détient pourtant l'essentiel des leviers déterminant le devenir de nos territoires. On ne peut que le regretter, nos citoyens méritant mieux, à minima l'explicitation claire et lisible de l'action politique communautaire ou métropolitaine dans leur territoire.

 

Alors oui, on a pu noter ici et là des candidats exprimant ostensiblement leur volonté de privilégier le mandat intercommunal au mandat municipal. Ces prises de position mériteraient d'être précisément recensées. Mais in fine, c'est essentiellement durant l'entre-deux tours, à l'aune des alliances et des fusions de listes, que l'intercommunalité a pu être évoquée puisqu'elle devenait l'objet d'une tractation et d'une répartition du pouvoir local entre deux leaders. C'est modeste, très modeste, même si la constitution de « binômes » contribue, quelque part, à un début de reconnaissance du fait intercommunal et même si elle le ramène à n'être qu'une variable d'ajustement de l'offre politique locale.

 

L'ADGCF observera avec attention les chroniques qui relateront et les débats qui structureront, dans les semaines à venir, le troisième tour intercommunal. Alors qu'une grande partie des ressorts de la décision locale s'est déplacée vers les communautés et métropoles, nous verrons si la question intercommunale dépasse le stade des « initiés » et alimente des prises de position publiques. Ce sera là une autre façon de prendre le pouls de la démocratie locale dans notre pays.

 

Régis PETIT

Président de l'ADGCF

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Installation des conseils communautaires (et municipaux) : les règles que l'on croit connaître... et celles que l'on ignore

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La séance d'installation du conseil communautaire marque l'entrée en fonction effective de l'organe délibérant

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L'ADGCF présente son court-métrage « Les faiseurs de bifurcation » lors d'une formation IdealCO

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Notre partenaire IdealCO organisait, le 11 mars dernier, une formation sur les transitions, qui s'est ouverte par la projection du film « Les faiseurs de bifurcation », en

présence de Régis Petit, président de l'ADGCF, et de Didier Locatelli, consultant. Ce temps introductif a permis de partager les enjeux de redirection écologique des territoires avec près de 200 participants, réunis pour découvrir ce film et nourrir leurs réflexions sur les transformations des politiques publiques locales.

Espelia devient partenaire de l'ADGCF !

L'ADGCF a le plaisir d'annoncer l'arrivée d'Espelia, cabinet de conseil spécialisé dans la gestion des services publics, parmi ses partenaires. À travers ce partenariat, Espelia mettra son expertise au service des dirigeants territoriaux pour les accompagner dans le pilotage des politiques publiques et la

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Stratégies d'achats publics responsables en Bretagne

Le 5 mars, les dirigeants territoriaux bretons se sont réunis pour échanger sur l'élaboration de stratégies d'achats publics responsables. L'atelier a combiné l'expertise de notre partenaire UGAP et les retours d'expérience concrets de Dinan Agglomération et Saint-

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Pour une nouvelle réflexion transpartisane sur la décentralisation

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Pourquoi certains territoires se sentent-ils relégués ? Comment la République a-t-elle organisé - ou désorganisé - son propre ancrage ? Quelle place réelle est accordée aux habitants, aux élus locaux, aux

institutions ? Refusant les caricatures, récusant les oppositions simplistes entre rural et urbain, entre Paris et la « province », ce rapport plaide pour une vision renouvelée de l'action publique territoriale, plus lucide, plus démocratique, plus exigeante. Une vision capable de penser ensemble la justice sociale, la décentralisation effective et la reconnaissance des attachements locaux comme autant de leviers de résilience collective.

Dialogue Recherche / Territoires : l'ADGCF rejoint le CIST

Créé en 2010 avec l'appui du CNRS, de l'INED et d'une quinzaine d'universités, le Collège International et interdisciplinaire des sciences territoriales -le CIST-, a vocation à rassembler des chercheurs issus de disciplines diverses partageant un même

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Dans ce cadre, le CIST a décidé de créer une commission territoriale réunissant des acteurs participant à la construction de l'action publique locale et dont la vocation est de faire émerger des initiatives communes en termes de projets de recherche, de partages d'expériences ou d'expertises, de publications... Sollicitée, l'ADGCF rejoint donc la commission territoriale du CIST afin de contribuer à ses travaux.

Appel à manifestation d'intérêt « Faire du patrimoine immobilier existant le cœur des relations d'un territoire »

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Les constructions partiellement ou totalement délaissées sont le lot de tous nos territoires ruraux ou péri-urbains, côtoyant parfois de nouveaux projets immobiliers.

Pour faire face à ces situations, le collectif Interstices et Sobriété du m2 lancent une démarche d'enquête et d'expérimentation visant à prendre en main collectivement ces lieux.

L'appel à manifestation d'intérêt “Faire du patrimoine immobilier le cœur des relations d'un territoire” est ouvert jusqu'au jeudi 30 avril pour décrire la situation d'un patrimoine immobilier délaissé ou vacant qui vous concerne, et que vous avez l'intention d'agir en lien avec les acteurs locaux.

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Webinaire - Stratégie budgétaire et prospective financière : comment bien lancer le nouveau mandat ?

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Le Club Finances de la Gazette, l'AFL et Rydge Conseil, ont le plaisir de vous convier à leur première rencontre d'actualité 2026. Le nouveau mandat municipal exigera des nouveaux élus de la prudence, de l'anticipation et une organisation claire dès le départ. Pour réussir, il sera essentiel de définir une stratégie budgétaire et une solide prospective financière. Ce webinaire vous expliquera : comment y parvenir ? Sur quelles bases budgétaires et financières construire les projets de mandat ? Quels outils utiliser ? Comment définir sa trajectoire d'endettement et de financement ?

Webinaire - Passation de mandat : anticiper et sécuriser la transmission

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Après le premier tour des élections municipales, vient une étape décisive : organiser la passation de mandat et la transmission des dossiers. Comment préparer cette transition de manière claire et sécurisée ? Au programme : les obligations liées à la passation de mandat, les informations financières et fiscales essentielles à transmettre, les documents et états des lieux à préparer, les bonnes pratiques pour assurer la continuité administrative, échanges et réponses à vos question.

Loi de Finances pour 2026 : les collectivités de nouveau mises à contribution

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La loi de finances pour 2026 s'inscrit dans un contexte de redressement des comptes publics avec un objectif de réduction du déficit public à 5% du PIB (versus 5,4% l'an passé). Elle mobilise l'ensemble des collectivités territoriales à hauteur d'environ 3,6 Md€, via une combinaison de baisses de dotations, de réductions de compensations fiscales et de hausses de charges.

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