DGS de la Communauté d'agglomération de St Omer (53 communes – 105 000 habitants)


Portrait d'Emmanuel Auber

Quel est votre parcours professionnel ?

 

Mon parcours professionnel m'a apporté une bonne connaissance des territoires et une expérience de management opérationnel. Depuis le début de ma carrière, j'anime des équipes à la fois sur des fonctions ressources et des fonctions opérationnelles, dans des collectivités très diverses.

J'ai commencé à travailler pour la ville de Paris, d'abord comme chef du bureau juridique et du contentieux à la direction de l'urbanisme, puis comme responsable d'un pôle administratif et financier à la direction de l'environnement.

Suite à cette expérience, en 2010, j'ai pu revenir dans ma région d'origine, en Normandie, comme DGS d'une communauté de communes de 12000 habitants dans l'Eure (Intercom du Pays Brionnais). Il s'agissait d'une communauté de communes rurale, mais très intégrée. J'étais chargé de la structuration des moyens et du pilotage de certaines compétences opérationnelles comme l'aménagement d'une zone d'activité, la création d'un réseau de bibliothèques ou le développement d'un Relai Assistantes Maternelles…

Ce fut une expérience professionnelle particulièrement enrichissante qui m'a amené à passer le concours de l'INET en 2012, afin d'être intégré dans le Fonction Publique Territoriale. Au cours de cette formation, j'ai pu effectuer des stages très variés dans diverses collectivités (Département de l'Essonne, Métropole du Mans, Communauté Urbaine de Dunkerque, ville de Nanterre…). Dans ce cadre, j'ai également pu effectuer une mission à Redcar et Cleveland une collectivité du nord de l'Angleterre (135 000 habitants).

J'ai ensuite été DGA en charge du pôle cohésion territoriale et solidarité de la Communauté d'Agglomération de Mantes en Yvelines. J'étais responsable du pilotage des services de proximité ainsi que de leur mutualisation. Dans ce cadre, Nous avons pu également développer des modes d'accès innovants aux services publics pour les usagers empêchés.

J'étais également chargé de promouvoir le territoire auprès des habitants. Pour ce faire, nous avons commencé par mettre en place des outils de valorisation des services à la population, dans le même temps, nous avons travaillé à la reconstruction de l'image du territoire.

Par la suite, j'ai pu rejoindre un poste de DGA chargé du pôle ressources et de la fusion, à la communauté d'agglomération de Saint Omer dans le Pas de Calais. Quatre intercommunalités ont donc fusionné au 1er janvier 2017. Elles ont donné naissance à la communauté d'agglomération de Saint Omer dont je suis le DGS. Il s'agit d'une agglomération XXL de 53 communes qui suppose certaines problématiques de gouvernance territoriale à résoudre. Aujourd'hui, nous poursuivons ce processus de fusion, avec notamment la restructuration de l'organisation administrative.

 

Quel projet a particulièrement marqué votre carrière ?

 

Ce projet récent de fusion est, pour moi, le plus marquant. Elle s'est réalisée dans de bonnes conditions, les élus s'étant mis d'accord sur un projet de territoire en amont  de la date butoir du 1er janvier 2017. Il s'agit d'une fusion de quatre intercommunalités, donnant naissance à une agglomération très intégrée en terme de compétences : développement économique et aménagement de l'espace, GEMAPI, eau et assainissement, centre intercommunal d'action social qui gère une épicerie sociale, accompagne les bénéficiaires du RSA, mène une politique de micros crédits… ainsi que des compétences complémentaires assez variées comme la petite enfance ou l'aménagement numérique du territoire.  

Cette fusion impacte de façon importante les fonctions ressources, RH et finances. Il faut parvenir à faire travailler ensemble des agents provenant d'horizons différents, avec des cultures professionnelles disparates. Il nous a également fallu repositionner un certain nombre d'agents souhaitant profiter de la réorganisation des services. En parallèle, nous avons lancer le processus de mutualisation des ressources et des moyens des communes et le pacte financier et fiscal pour organiser les relations financières entre l'agglomération et les communes. Par conséquent, nous avons créé un nouvel organigramme et territorialisé certaines politiques de l'agglomération en créant des pôles territoriaux.

Ce changement de paradigme au niveau organisationnel doit se réaliser avec une stratégie qui se décline dans la pluri-annualité, basée sur la gestion prévisionnelle des ressources tout en accompagnant aujourd'hui les agents dans ce changement de culture professionnelle.

 

Quel est votre projet d'actualité ?

 

Je lance actuellement un projet d'administration afin de mettre en œuvre de manière pratique le projet de territoire de nos élus. Il se traduit par une feuille de route triennale qui sera à la fois un outil de cohésion et de pilotage. Ce projet permettra d'une part, de réaffirmer les valeurs et principes qui sous tendent les actions des agents communautaires et d'autre part, de fédérer les équipes avec une méthode de dialogue et de partage. La fusion a doublé le nombre d'agents au sein de la communauté d'agglomération. Il s'agit donc de déterminer des axes transversaux pour cette nouvelle collectivité, visant à rendre les agents acteurs et responsables de la mise en place du dispositif. L'objectif est de réfléchir ensemble à la qualité de service à rendre à l'usager, et voir comment rendre notre agglomération exemplaire et innovante.

Ce projet d'administration aura ensuite pour but de se décliner en un projet de direction, puis en un programme d'action opérationnel.

 

Que vous apporte l'ADGCF ?

 

L'ADGCF est avant tout un réseau professionnel nécessaire pour ne pas se laisser enfermer dans sa fonction. C'est aussi un lieu de synthèse qui permet de prendre de la hauteur sur la gestion du quotidien. Je suis également un des délégués de l'association pour les Hauts-de-France ce qui me permet de m'investir dans l'association professionnelle de mon niveau de collectivité en mobilisant mes collègues avec pour objectif de créer un réseau régional des DGS et DGA.

Par ailleurs, je participe à d'autres événements complémentaires comme les ETS ou des colloques d'experts au sein de l'IHEDATE. L'association et ces événements sont utiles à la compréhension de la fonction de directeur général qui favorisent la réflexion et l'échange d'expériences entre collègues.

[02/10/2017]