Retrouver les présentations des tables - rondes des Universités d'été

Des citoyens divers aux attentes multiples et variées
Présentation du cabinet New Deal
La raréfaction de la ressource est-elle une réalité ?
Quel Impact sur les missions des intercommunalités ?
Peut-on imaginer un périmètre institutionnel pertinent au regard des enjeux actuels ?
Les 1ères esquisses des SDCI : périmètre quand tu nous tiens !
Quelle intercommunalité demain ?
Présentation de l'Annemasse Agglomération
Réunis à l'occasion de leurs 4è Universités d'été, les 4 et 5 juillet, au Grand-Bornand, les DG de l'interco étaient notamment invités à réfléchir à l'évolution des périmètres intercommunaux. Un débat en pleine actualité à l'heure où les élus doivent rendre leur avis, d'ici à septembre, sur les projets de schémas départementaux de coopération intercommunale (SDCI) élaborés par les préfets. Et une certitude : la difficulté croissante rencontrée par les acteurs locaux pour définir le « périmètre pertinent » ou encore le « territoire de projet » intercommunal. « Les décideurs locaux privilégient souvent le contenant par rapport au contenu. Or, si le périmètre est un espace de légitimité pour agir, il ne doit pas être clos et fermé à d'autres formes de coopération pour enrichir l'action publique » : cette remarque formulée par Didier Locatelli, directeur du cabinet-conseil New deal, à l'attention des 200 DG présents, a pris tout son sens.
Eviter de construire des territoires étanches et autocentrés, tel est de fait le défi auquel sont confrontés élus et cadres territoriaux. Dans un contexte de plus en plus complexe : le projet intercommunal « doit désormais prendre en compte le périurbain qui représente un tiers du territoire national, une ville <> avec plusieurs pôles de centralité, des mobilités physiques, professionnelles et résidentielles croisées, une transformation des temporalités marquée par une désynchronisation des temps sociaux, professionnels et ludiques. Ces évolutions modifient le rapport des habitants au territoire qui se traduit par un faible investissement affectif. Le citoyen se mue en consommateurs de services sur des territoires d'opportunité au gré des offres en matière d'équipements par exemple», a résumé Didier Locatelli.
Prendre en compte le périurbain
Brigitte Fouilland, enseignante à Sciences-Po Paris (Master STU) a longuement insisté sur la nécessité de prendre en compte le périurbain dans le projet intercommunal. « Ces espaces situés à la périphérie des pôles urbains n'ont pas une identité forte et sont habités par des résidents dont environ 40% travaillent dans les pôles urbains. Ils ont une faible attractivité économique pour les entreprises. Les élus doivent imaginer un projet et un mode de gouvernance qui tiennent compte de ces réalités. Sinon, le risque est grand d'aboutir à des ségrégations spatiales, sociales et économiques qui accentueront les inégalités entre les territoires ». Dans un contexte tendu où la réforme de la taxe professionnelle « a figé durablement les écarts de richesse entre les communautés au bénéfice des territoires du plein emploi et du secteur tertiaire, sans que le dispositif correcteur de péréquation horizontale ne soit encore entré en vigueur », a rappelé Guy Gilbert, professeur à l'ENS de Cachan.
Là encore, « la seule question du périmètre ne peut résoudre le problème », a souligné Brigitte Fouilland. Faut-il dès lors continuer « d'institutionnaliser » la réponse à travers l'élaboration de périmètres ?, se sont interrogés plusieurs DGS. « Oui » mais sous réserve de prendre en compte les nouvelles dynamiques des territoires et d'écouter les attentes des habitants, à partir d'une analyse sociologique fine des situations, ont répondu de concert Didier Locatelli et Brigitte Fouilland. L'occasion aussi pour les élus et les cadres territoriaux de faire émerger une « citoyenneté » intercommunale, de construire une identité et un sentiment d'appartenance au « territoire de projet ».